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Pourquoi j’ai fondé Matin

2 min de lecture

Traduction ; original en anglais

Matin n’est pas né d’un éclair d’inspiration. Il est le fruit de longues années de pratique : d’abord en planification culturelle dans mon pays d’origine, puis au sein de conseils communautaires et d’organismes de planification culturelle à Montréal.

Cette expérience m’a conduit à une conclusion claire. Il y avait place pour une institution d’un autre type : légère, réactive et rigoureuse sur le plan intellectuel, plus proche d’une jeune pousse culturelle, pleinement respectueuse de la loi, mais affranchie des conventions qui freinent si souvent notre milieu.

Elle a aussi mis en lumière une lacune structurelle. Dans bien des organisations, les décisions culturelles reposent entre les mains d’un cercle restreint. On invite les résidents à assister aux activités, mais on leur demande rarement ce que la culture représente pour eux, ce dont ils ont réellement besoin, ou là où une programmation pourrait vraiment les servir. Dans plusieurs arrondissements de Montréal où j’ai travaillé, ce sont souvent les mêmes visages qui reviennent à chaque activité, alors qu’une grande partie de la population ignore que ces programmes et ces lieux communautaires existent pour elle et sont financés par ses propres impôts.

Je n’ai jamais cherché à fonder une entreprise technologique ni une société d’import-export. Mon but était de poursuivre, au Canada, le parcours professionnel que je mène depuis des années. Comme beaucoup d’immigrants le savent, retrouver sa place dans son propre domaine est un chemin exigeant, et j’ai dû renoncer à d’autres occasions économiques. Mon engagement aujourd’hui est de mettre ce savoir et cette expérience au service de la collectivité.

Le nom porte deux sens. En persan, « Matin » désigne une personne posée, digne de confiance, bienveillante et expérimentée. En français, le matin est la fin de la nuit et le début d’un jour nouveau.

Nous avons choisi à dessein une structure légère plutôt qu’une hiérarchie lourde. L’Institut interculturel Matin a été constitué en organisme à but non lucratif au Québec, Canada, en octobre 2026. Depuis, nous avons formé notre premier Cercle des conseillers, lancé « La culture en mots simples », un programme de 100 textes courts de découverte sur notre site, et organisé notre première marche communautaire au parc Angrignon.

Ce rythme ne se fait pas au détriment de la rigueur. La constitution n’était qu’une étape d’un plan déjà bien engagé.

Quels que soient notre genre, notre parcours, notre origine ou notre langue, chacun de nous a quelque chose à apprendre des autres cultures, quelque chose à partager de la sienne, et tout intérêt à bâtir un terrain commun par le dialogue dans la société multiculturelle du Canada. C’est la mission de l’Institut interculturel Matin.

Je serai heureux d’échanger avec toutes celles et ceux qui partagent cette vision.

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